Blog-frog:
Humeurs batraciennes et petites chroniques de la mare...
Ou comment appeler le fils de l'Ours et de la Grenouille?
Humeurs batraciennes et petites chroniques de la mare...
Ou comment appeler le fils de l'Ours et de la Grenouille?
Sur les galets face à la mer, face au soleil et au ciel tendre,
toute enveloppée du bruit des vagues qui me laisse oublier la ville,
toute éblouie de la lumière qui saute la crête des vagues,
toute cette eau qui réverbère et illumine ce doux ciel un peu brumeux, un peu lointain,
l'horizon à peine voilé adoucissant le bleu de Nice, les collines, mes yeux affamés.
Je ne trouve plus le temps d'écrire, et je n'en trouve plus l'envie.
Mon corps douloureux gémit de ce que je lui fais subir.
Si contractée, si tendue, pas malheureuse mais toute attente.
Alors je marche par les rues, fais mes adieux à cette ville, suis les avenues populaires et les petits quartiers tranquilles, lèche affectueusement les façades des vieux immeubles, belles anglaises.
Le linge suspendu aux fenêtres, les persiennes entrebaillées, et les balcons jardiniers.
Je muse pour m'apaiser, vous néglige sans vous oublier, peine à ramasser mes pensées en un ensemble cohérent.
Et m'éparpille, et me rassemble, me refusant à transformer ce blog en un esclavage, et craignant de vous ennuyer. Tournant en rond mes idées sombres, mes immenses espoirs apeurés, la difficulté à saisir le bonheur que je veux donner,
et l'avenir aventurié.
Je ronronne.
Posée sur le transat, un bouquin à la main, me gorge de soleil.
Soin pour la peau, rosir le teint, aplanir un moral aux à-pic effrayants.
Et l'odeur du café.
Isolée en sa tour aux lourds murs de bruit, Princesse au Petit Pois voudrait bien que se taise le loriot dans son crâne qui sifflote à tue-tête.
Belle indisciplinée, son oreille zonzone en multiples larsens.
De très doctes savants l'auscultent à tour de rôle...
- "Ne serait-ce une abeille égarée en son sein?" augure le premier de ces fiers esculapes.
- "Ne voyez-vous donc pas pour uniques remèdes, clystères auriculaires, emplâtres et cautères?" s'offusque le second.
- "C'est bien d'une crécelle que sa tendre cervelle s'en fut, contaminée." rétorque le dernier qui d'une succussion promptement assenée appuie son diagnostic avec autorité.
Princesse en sa tour d'ivoire s'est endormie,
rêve et sourit,
conte de fées d'un baiser déposé,
qui seul pourra la soigner.
Ne doutant pas un instant que l'oreille sus-dite se reconnaisse, j'en profite pour lui rappeler au passage que la prescription du baiser comme remède miraculeux implique obligatoirement qu'il soit déposé par un Prince Charmant assermenté, pouvant faire état de ses diplômes, de sa couronne et de son cheval blanc. Son éventuelle corsitude ne rajoute rien à l'efficacité thérapeutique. L'oreille, quant à elle, n'est tenue qu'à la propreté et la modestie.
Quelque part, le coffre où je cèle mon angoisse.
La clef en est perdue.
Immobile, attentive, ramassée sur moi-même, je n'y suis pour personne.
Je cherche.
Non pas le contenant, inconscient malcommode feignant me protéger.
Mais bien le contenu.
Ramassis d'émotions, violentes, contradictoires, l'impatience et la peur, le bonheur de partir, la soif de l'inconnu, mais la sécurité, confortable traîtresse, mais tout recommencer, enfin!
Mon cerveau débordé sait rompre les amarres, croyant s'offrir la paix en m'isolant du bruit.
Soudain déconnectée du monde et de mon être, environnée d'un calme factice et délétère, coupée du tourbillons de pensées qui affluent, je sonde le silence.
D'abord, le soulagement; quiétude m'est revenue.
Mais bientôt sourd l'angoisse.
Mon tourment au secret tonitrue sa colère et l'écho fait rebond, m'agrippe et me chavire.
Tant d'émotions celées, elles sont l'encre et la plume, assèchent mon clavier.
Je n'en peux plus écrire.
Séparée de ma source, ce poison entêtant qui m'use et me nourrit, je cherche fébrilement.
Et les jours passent...
... Pour qu'enfin un matin, tendre sollicitude, un Ours disponible s'en vienne entrebâiller le couvercle de plomb de mon coffre intérieur.
"Que seras-tu aujourd'hui? Un lapin? Une sauterelle?"
- "Plutôt un kangourou."
Et hop là! Nous sautons les trottoirs, survolons les égouts, passons le moindre trou en bonds désordonnés.
Hop là, crotte de chien, nauséeux précipice.
Hop là, faille invisible, sauts de puce et Grenouille.
La grille de l'école et ses trois escaliers. L'étage des bébés, l'étage des moyens et l'étage des grands.
Oh hisse! Prends la main du tétard et chante chaque marche.
Oh hisse! Tracte mon kangourou, encourage son pas, stimule de la voix.
Oh hisse! Palier mon terminus, et la plainte essoufflée d'un enfant épuisé:
- "Je suis trop fatigué!
... Demain, je serai une sardine."
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires