Quelque part, le coffre où je cèle mon angoisse.
La clef en est perdue.
Immobile, attentive, ramassée sur moi-même, je n'y suis pour personne.
Je cherche.
Non pas le contenant, inconscient malcommode feignant me protéger.
Mais bien le contenu.
Ramassis d'émotions, violentes, contradictoires, l'impatience et la peur, le bonheur de partir, la soif de l'inconnu, mais la sécurité, confortable traîtresse, mais tout recommencer, enfin!
Mon cerveau débordé sait rompre les amarres, croyant s'offrir la paix en m'isolant du bruit.
Soudain déconnectée du monde et de mon être, environnée d'un calme factice et délétère, coupée du tourbillons de pensées qui affluent, je sonde le silence.
D'abord, le soulagement; quiétude m'est revenue.
Mais bientôt sourd l'angoisse.
Mon tourment au secret tonitrue sa colère et l'écho fait rebond, m'agrippe et me chavire.
Tant d'émotions celées, elles sont l'encre et la plume, assèchent mon clavier.
Je n'en peux plus écrire.
Séparée de ma source, ce poison entêtant qui m'use et me nourrit, je cherche fébrilement.
Et les jours passent...
... Pour qu'enfin un matin, tendre sollicitude, un Ours disponible s'en vienne entrebâiller le couvercle de plomb de mon coffre intérieur.
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