Blog-frog:
Humeurs batraciennes et petites chroniques de la mare...
Ou comment appeler le fils de l'Ours et de la Grenouille?
Humeurs batraciennes et petites chroniques de la mare...
Ou comment appeler le fils de l'Ours et de la Grenouille?
Pas gaillard; le nez aux feuilles des platanes.
La pensée aux nuages de mon intime blogosphère, je rêve et suppose ceux que je ne connais pas.
Qu'ils sont bavards ces hommes, le mien est tout silence.
Les mots se bousculent, séducteurs et gentils.
L'urgence dyslexique vole sur le clavier.
Et leur indulgente lecture.
Ils ont tant à dire et j'ai tant à répondre.
J'avance sous les arbres, réinvente l'équilibre et m'interroge encore.
La réponse ou l'écrit; comment choisir?
Le temps que je leur désire.
Le billet qui me tient.
L'inconciliable exigence.
Mais sur l'inconciliable glisse une faible alarme et le malaise tenu brise ma réflexion aux portes de Grand-mère.
Connexions neuronales, scanner, ma main s'ouvre et se ferme, inutile et stupide.
Elle m'atterre, me consterne, m'accuse sans retenue:
- "L'Asticot est resté dans sa pomme. Tu l'as oublié à l'école!"
Hélas, mère indigne...
Cher(e)s abonné(e)s, la newsletter vous a-t'elle trouvé?
Et en combien d'exemplaires?
Merci d'éclairer ma perplexe lanterne.
Ma balance me ment et l'on ne parlera jamais assez de la sédentarisation de la blogueuse.
Autrefois svelte et élancée, je deviens grasse comme une oie depuis que je m'adonne au doux plaisir des mots.
Noël approchant, me voilà dans l'air du temps mais ça ne me console guère.
Mon jeans que j'ose à peine laver me fait de lourds reproches de plus en plus tendus. Il va craquer en coeur avec mes articulations sclérosées de tant d'inactivités physiques.
Dans un avenir proche, nous pourrons lire au fronton d'Over-blog:
"A consommer avec modération, bloguer nuit gravement à la santé."
A quand les blogs allégés en cholestérol?
Et pour les autres:
La newsletter est désormais ouverte.
Certains jours me trouvent terriblement "campagne anglaise".
C'est tout intérieur et nul ne le souçonne.
Relisant Agatha Christie ou Dickson Carr (Jane Austen quand l'attaque est sévère), mon être s'envahit d'une exquise féminité.
Pudeur si délicate, force irrésistible mais si fragile.
Languide et désinvolte...
Sous le jeans-sandales frôle la jupe de mon imagination. L'escarpin dégage la cheville et enchante la jambe.
Tant d'inconsciente coquetterie voudrait s'exprimer.
Devinez-vous l'infiniment gracieuse?
Le parc est mangé par la ville.
Pas de chants d'oiseaux: le grondement des voitures.
Dans les fourrés où passent les indiens et les aventuriers, des pochettes déchirées de préservatifs clandestins.
Ailleurs les kleenex, bouteilles et cannettes, plastiques colorés, emballages...
Le rouge de l'arbouse explose soudain.
Trois fleurettes mauves.
Et le liège se gonfle aux troncs des chênes.
Ma colère s'apaise un peu. J'ai mal à la Nature.
Le café coule et je regarde le ciel.
Tout est calme.
Un merle passe, son aile claque. Un moineau virvoltant. La ligne blanche d'un goéland bavard.
A la fenêtre, le bleu tendre d'avant l'ensoleil, sa fraîcheur accueillante, deux nuages rosés entre les immeubles, l'apaisant silence.
Tout à l'heure, je rejoindrai l'entrée et sa cohue. Les patients affamés, exigeants et pressés. L'urgence. Le bruit.
Ici le café coule, je regarde le ciel.
Quelques fois, la vie me brise et m'étreint.
Le monde devient flou.
Je passe et l'ignore, m'applique à n'en rien regarder.
En ces parenthèses tourmentées, je me fais bas de soie, file au moindre contact, et m'écharde aux regards.
Comme la main protège la flamme, le corps recroquevillé sur l'âme devient attentive muraille.
Immobile, je guette.
... ça va passer.
Vieux Dickson Carr dans une main, mug de verveine dans l'autre, j'erre de pièce en pièce à la recherche d'un endroit moelleux où lover ma flemme.
Le voluptueux loukoum que je suis ce matin se vautrerait bien au plus confortable, mais ma conscience, sous l'aspect d'un ouvrier moustachu et salopetté de blanc, m'en fait reproche.
"Comment! Tu t'amollis sur le canapé tandis que cet homme travaille.
Tu laisses à regarder ton intimité la plus débraillée."
Quelle intimité?
Me voilà privée de volets, exposée aux regards, soustraite au paisible relâchement qu'offre la solitude.
12 octobre déjà! Ce ravalement n'en finit plus et les plantes se meurent.
Et si j'achetais du chocolat?
La RTT est perfide, c'est dans sa nature. Pas le temps de commettre trois bricoles qu'elle est déjà envolée. Un peu comme le dimanche mais en plus sournois.
Bref! (Je me vante) Bonne Copine me demandait: "Qu'écris-tu sur ton blog?"
Ma description laborieuse du système des articles et des thèmes abordés s'embourbe alors carrément dans les méandres de l'écriture.
Je cale d'autant plus vite que des indésirables uniquement préoccupés de leur santé se montrent peu soucieux d'interrompre si passionnante conversation. Sans rancune, je leur souris vaillamment et m'empresse de les servir car il me revient à l'instant que l'on me paye pour travailler.
Quelques mégabuseries* plus tard, je conclus en promettant d'imprimer deux-trois billets de mon cru.
Or donc, le matin suivant me trouve toute pimpante devant mon clavier et parée à sélectionner la plus représentative production de mon cerveau perturbé.
Je choisis tout d'abord "obsédée textuelle" et me retrouve article en main, paralysée de pudeur et de contradictions devant le papier.
"Pétard et carabistouille! L'impression m'impressionne et l'on pourrait me lire."
Je reste sans voix devant tant d'intime incohérence. Les neurones directement connectés à ma palette interne me signalent une poussée thermométrique d'un bel incarnat. Si j'édite un autre article, je fonds comme beurre au soleil. C'est certain, mes joues sont déjà en fusion.
Après une évaluation objective de mon état émotionnel sur l'échelle batracienne, adjonction faite d'une courbe des T° et d'un nuancier emprunté à celle qui le vaut bien (catégorie "rouges à lèvres"), je décide prudemment de m'abstenir.
Si Bonne Copine veut me lire, elle n'a qu'à s'acheter un ordinateur!
*Mégabus: logiciel réputé destiné aux laboratoires d'analyses médicales. Un doute subsiste.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires