Bâtissez-vous comme moi, sur la moindre inflexion, la pâleur de la voix, l'expression du visage, ou la langueur d'un corps, de tumultueux romans formant la vie des autres?
Quelques maigres indices tricotent ces histoires.
En trames exacerbées, ma sensibilité tisse et retisse encore de fils imaginaires ces contes quotidiens, éphémères et fragiles.
Qu'un mot d'explication, qu'un sourire les dénoue; s'envole le mystère.
Cet intrigant secret des gens que l'on côtoie, que l'on connaît à peine, brièvement entrevus au coin d'un magasin, quelques phrases échangées entre deux ordonnances.
Des questions plein la tête, le plaisir d'inventer à défaut de savoir, curiosité en berne car poser des questions, "cela ne se fait pas."
Je brode en jolis drames, festonne de sourires, suppose la vie des autres.
Je rêve.
Qu'imaginent-ils de toi ? De ta vie, de tes rêves et de tes envies, de tes soucis ou de la détresse qu'ils doivent percevoir dans ta voix ?
Que peuvent-ils bien inventer, ces passants, devant la belle immobile ?
((((crenouille))))
w6p
D'accord et pas d'accord! D'abord parce qu'il me semble que plus on est fragile, plus on est sensible à l'humeur et à l'état général de la personne que l'on a en face de soit. Venir au labo, c'est probablement pour beaucoup de gens être déjà en état de vulnérabilité, et leur comportement n'est que le reflet du mien, et vice versa, réciproquement, etc. Tout cela est tellement imbriqué que c'est inextricable.
Mais d'accord aussi parce que j'ai souvent observé que certaines personnes profitent de l'inexpérience ou du désarroi de la secrétaire qui les sert pour décharger leur agressivité et s'offrir un sentiment de "puissance" à moindre frais. Bête, méchant, gratuit, et parfois très douloureux pour le vis-à-vis.
Et merci pour le câlin. Je suis une vieille et poor lonesome secrétaire au cuir tanné et à la peau dure maintenant. Il est bien rare que ce genre de méchanceté m'atteigne, et je fais la part des choses.
Silence.
Un long silence, sans signe de vie...
Que fait-elle ? Quel évènement étouffe son blog, le réduit à une page vide ?
Heureux ? Vacances familiales, plaisir du dépaysement, expédition aveyronnaise...
Banalement maussade ? Déprime, surmenage, pas le temps pour les petites pensées...
Sombre ? Je ne peux imaginer...
Mais non ! Sans doute rien de sérieux !
Allez, Esa, ne bâtis pas tout un roman sur un silence, même de deux semaines ! Elle reviendra, la Grenouille !