Les chaises bleues de Nice paressent au bord de mer.
Le long de la promenade, elles dominent la plage où siestent les galets.
Cailloux trop durs invitent la fesse nonchalante. Posé au ras de l'eau, l'on oublie un moment la fureur des voitures.
Cela suppose en somme une certaine souplesse, et tenue confortable craignant peu la poussière.
Mais les vieilles dames préfèrent les chaises bleues de Nice.
A petits pas prudents, vont sous les pergolas s'abriter du soleil.
Un monsieur très âgé vient à passer.
Très droit.
Très lent.
Quelques joyeux compères matent une jolie joggueuse, roucoulant des bêtises auquelles elle sourirait si en avait le souffle.
Deux couples, touristes pâles.
Un homme trop couvert réchauffe son hiver à la Côte d'Azur.
Regard tourné au large, la baie de Nice efface doucement mes tensions.
J'en souris au soleil derrière mes lunettes.
Quand soudain, une casquette tonitrue le bonjour.
Ma chaise bleue frémit:
- "Ciel, un envahisseur!"
Le monsieur m'entreprend, j'interromps ses ardeurs, et il a le bon goût de ne pas insister.
Un court instant troublée, belle humeur redéplois, dis adieu à ma chaise.
- "La bleue, à te revoir!"
Et m'en vais au marché y cueillir un bouquet...
Commentaires